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Violences policières : RASSEMBLEMENT SAMEDI 12 MARS À 16H30 à Saint-Etiennne

lundi 7 mars 2005

Un appel reçu sur le site de RAIDH.

DIGNITÉ VOLÉE à St Etienne Une histoire de violences policières

PROTESTONS CONTRES CES ABUS DE POUVOIR :
RASSEMBLEMENT SAMEDI 12 MARS À 16H30
DEVANT L’HÔTEL DE VILLE DE ST ETIENNE

"Le 26 février dernier, Ichem Benchaboune, 17 ans et demi, a été victime de violences exercées par des agents de la police nationale.

Le 23 mai, il va pourtant passer devant le juge des enfants pour outrage et rébellion.

Il se trouvait dans la rue Gérentet avec un groupe d’amis lorsque 3 policiers les interpellent pour un contrôle d’identité. La situation dégénère. Un des agent frappe fortement Ichem. Trois témoins traversent alors la rue pour protester contre cet acte. Ichem est emmené au commissariat et sa maman contactée pour venir le chercher. À ce moment aucun grief n’est retenu contre lui. Mme Benchaboune se présente et demande des explications. En effet, pourquoi son fils se trouve t-il au commissariat alors qu’il n’est accusé d’aucun délit, et surtout pourquoi saigne t-il de l’oreille et de la lèvre ?

Mme Benchaboune est priée de sortir avec son fils, au moment ou Amna et Mounia, deux des témoins qui se sont interposés rue Gérentet se présentent pour porter plainte. À ce moment certains policiers perdent leur sang froid. Ils brutalisent Mme Benchaboune, se jettent sur Ichem, le maintiennent au sol en lui donnant des coups de pieds.

Lorsque Mr Benchaboune père arrive, il est automatiquement menotté. Ichem est alors maintenue en garde à vue, pendant laquelle il sera encore victime de coups lorsqu’il se déshabille pour la fouille.

Plusieurs insultes racistes ont été notées tout au long des faits.
Comment Ichem et sa famille peuvent ils se reconstruire après cette injustice ? Comment leur rendre leur dignité volée ?

Nous nous rassemblons SAMEDI 12 MARS À 16H30 devant l’Hôtel de Ville de St Etienne pour protester contre cet abus de pouvoir."

Compte-rendu de la manifestation et suivi du cas d’Ichem communiqué par les organisateurs

"Le samedi 12 mars, 250 personnes se sont rassemblées devant l’hôtel de ville de St-Etienne. Un comité de soutien est créé.

"Justice pour Ichem ! Non aux violences policières"...

Ce qui est arrivé le 26 février à Ichem Benchahboune, jeune lycéen du quartier de Montreynaud à St-Etienne, ne sera pas banalisé.

Le rassemblement de ce samedi 12 mars (**) voulait être une toute première réaction publique, pour dire aussi que d’autres suivront. En fait, ce sont au moins 250 personnes, beaucoup de jeunes, mais aussi des parents, et des responsables de la vie associative, quelques élus, qui se sont réunis place de l’Hôtel de ville entre 16h30 et 18h.

Ichem était là, avec son père et sa mère, plutôt ému. Il n’a rien dit au micro, tout en parlant à pas mal de monde. Ce rassemblement, c’était un peu comme un réconfort pour sa dignité. Une confirmation que dans cette triste affaire, ce n’est pas lui qui est hors la loi, délinquant.
D’ailleurs, ce qui s’est passé commence sérieusement à se savoir, sur le réseau Internet en particulier, mais aussi maintenant dans les médias presse et radios.

Samedi, l’épreuve d’Ichem a été brièvement rappelée. ça s’était d’ailleurs passé il y a tout juste 15 jours, à deux pas des marches de l’Hôtel de ville, sous cette caméra de vidéo-surveillance avec laquelle aussi certains pourront vérifier qu’il y avait du monde samedi pour dire que ça suffit.

C’est d’ailleurs un problème, ce quadrillage de St-Etienne par 42 caméras qui filment 24h sur 24. Au-delà de ce que ça coûte - argent qui serait quand même mieux placé à aider des associations à payer des éducateurs dans les quartiers - faut-il maintenant faire attention à qui on donne la main quand on se promène ?... Qui sait vraiment où sont les 42 caméras ? A partir d’où on sort du champ de contrôle et à partir de quand on y entre à nouveau ? Cette affaire là mérite une discussion entre citoyens. Est-ce qu’on se résigne à cette dérive qui s’accentue au fil des années ?

La réaction de solidarité autour d’Ichem donne aussi la possibilité à d’autres jeunes, et aussi à des mères de famille, de se faire connaître et de raconter une histoire qui leur est arrivée au cours des dernières années.

Comme cette maman venue au rassemblement parce qu’elle s’est reconnue dans ce qui est arrivé à Ichem et à ses parents. Elle dit que son fils, âgé alors de 16 ans, arrêté avec deux copains, s’est fait tabasser au cours d’une garde à vue qui a duré 48 heures, pour un délit qu’il n’ont jamais commis. Et d’ailleurs il a été mis hors de cause au Tribunal. Mais il n’y a pas eu de réparation. Et la famille a payé un avocat...
C’est vrai ou c’est pas vrai, ça ?

Et si c’est vrai, comment est-ce possible ? Et est-ce que ce genre de choses va durer ?
On attend de la Justice qu’elle soit juste.
On attend de la Police qu’elle fasse respecter la Loi et le droit.
Or il y a dans la région stéphanoise certaines pratiques qu’il faut bien appeler violentes et racistes, dont pas mal de monde est au courant, et qui durent. Combien de temps ?
Voici deux ans, il avait été question de mettre en place un "observatoire des libertés". Cette fois les premières pages du livre noir sont en cours d’écriture...

Est en discussion aussi le développement d’un réseau de travail de terrain "vigilance - liberté", ouvert à celles et ceux qui souhaitent s’opposer à la dérive sécuritaire et violente de la société. Avec l’aide de l’association Témoins de Lyon.
Celles et ceux qui souhaitent participer à la mise en place de ce réseau peuvent prendre contact avec Sophie (de l’association Témoins).

Pour Ichem, un comité de soutien est créé afin que justice lui soit rendue. Au cours du rassemblement de samedi, 150 personnes ont rejoint ce comité en donnant leurs coordonnées. Il est proposé à toutes celles et tous ceux qui le souhaitent de le rejoindre aussi. Ce comité est animé par Mounia et ses ami(e)s du réseau actions jeunes.

Une adresse e-mail du comité est créée. Une réunion des signataires est envisagée, pour décider des prochaines initiatives. D’ores et déjà, il est sûr qu’Ichem ne sera pas seul le 23 mai à 9 heures, jour de sa comparution devant le Tribunal. Entre autres, des lycéens seront là. Des mères de famille aussi. Et des personnes impliquées dans la vie associative et citoyenne.

L’appel du comité de soutien : "Justice pour Ichem !"

"Ichem Benchahboune, lycéen, 17 ans et demi, a été frappé par un policier le 26 février vers 18h au centre-ville à St-Etienne

- Ichem n’a commis aucun délit.
- Pourtant, c’est lui qui est convoqué au Tribunal le lundi 23 mai pour outrage et rébellion...
- Nous n’acceptons pas cette injustice.
- Nous protestons contre cette violence policière et cette atteinte à la dignité d’Ichem.
- Nous lui exprimons notre solidarité et nous demandons que justice lui soit rendue.
- Nous demandons que le policier qui a frappé et humilié Ichem soit sanctionné.
- Nous demandons le respect du droit, et de la dignité des personnes.
- Pour que la Loi soit respectée, il faut que la Police respecte la Loi et le droit !"

Pour rejoindre le Comité de soutien :
Envoyer un e-mail à l’adresse : justicepourichemATyahoo.fr
en indiquant :
- votre nom et prénom,
- L’adresse e-mail à laquelle il est possible de vous écrire."

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