RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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Homme blessé par un policier dans le Val-d’Oise

PARIS (AFP) 3 février 2008 — Le policier en état d’ébriété soupçonné d’avoir grièvement blessé par balle un homme dans un restaurant du Val-d’Oise, dans la nuit de vendredi à samedi, devait être déférés dimanche soir devant le parquet de Pontoise, ainsi que le collègue qui l’accompagnait, a-t-on appris de source judiciaire.

Le premier pourrait être poursuivi pour "menaces et violences avec arme ayant entraîné une invalidité permanente" et le deuxième, rattrapé alors qu’il prenait la fuite, pour "non-assistance à personne en danger".

Tous deux sont chauffeurs au service central automobile de la police et étaient hors service.

"Le pronostic vital reste engagé" pour le blessé, "atteint grièvement à la moelle épinière" et qui "restera invalide", a précisé la source. La victime est un "serveur" du restaurant, selon cette source, et non un "client", comme l’avait écrit le ministère de l’Intérieur samedi.

Les circonstances dans lesquelles l’un des policiers a fait usage de son arme au restaurant indien "Le Petit prince" restent floues.

Selon la source judiciaire, les deux policiers, hors service, se sont déplacés dans plusieurs bars vendredi soir "pour fêter la chandeleur"
avant d’arriver à cet établissement de Franconville.

"Un premier serveur aurait été menacé avec une arme et serait parti car il avait peur", a-t-on souligné. Pour "une raison indéterminée encore", "un coup est parti sur un autre serveur". L’auteur présumé du coup de feu avait un taux supérieur à 2 grammes d’alcool dans le sang.

Placés en garde à vue dans les locaux de la DRPJ à Versailles, les deux policiers ont été immédiatement suspendus à la demande de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie.

Leur comportement est "intolérable" et "inadmissible" avait souligné samedi la ministre.

Leur attitude "irresponsable et indigne" est "totalement contraire à l’honneur et à l’éthique de la Police Nationale", a écrit Mme Alliot-Marie, qui exprime sa "compassion" et son "soutien" au blessé et à sa famille.

Une procédure disciplinaire est engagée par l’Inspection Générale de la Police Nationale, selon l’Intérieur.