RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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Le suicide en prison

La question du suicide en prison est particulièrement préoccupante. Symptomatique du malaise carcéral, elle interroge la société et particulièrement les pouvoirs publics sur les mesures (dites « de vigilance ») susceptibles d’enrayer un phénomène croissant. L’année 2008 a enregistré une augmentation de plus 20% par rapport à l’année précédente.

Depuis le début de l’année 2009, on totalise une moyenne de 10 suicides par mois soit 110 suicides et/ou morts suspectes (une large majorité des décès survenant en détention s’avère considérée comme des morts accidentelles alors que certaines seraient susceptibles d’être reclassées en suicides).

La France est le premier Etat à avoir été condamné, le 16 octobre 2008, par la Cour européenne des droits de l’Homme, pour traitements inhumains et dégradants et violation du droit à la vie, après avoir placé en isolement un détenu souffrant de troubles psychiatriques qui s’était ensuite pendu dans sa cellule, après une première tentative trois jours plus tôt.

« Ils se pendent avec des draps, des ceintures, des lacets. Parfois à un radiateur, presque au ras du sol. Cela montre le degré fou de souffrance. » Bruno, surveillant, déclaration à Libération du 4 mai 2009.

Parmi les 42 pays du Conseil de l’Europe, la France affiche le taux le plus élevé de suicides dans ses prisons :

• 17 pour 10 000 détenus en France, 6,7 pour 10 000 en Espagne, 10,3 pour 10 000 en Allemagne .

Selon les chiffres de l’OIP, 71,5 % des détenus qui se sont suicidés durant l’année 2008 avaient été repérés comme fragiles ou suicidaires et faisaient l’objet de mesures spécifiques de suivi. Ainsi, on peut y lire que parmi les 131 décès enregistrés, hors suicides, en 2008, « 85 sont qualifiés "autres" (hors mort naturelle et homicide).