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Les polices municipales bientôt autorisées à utiliser le Taser

Les polices municipales bientôt autorisées à utiliser le Taser

Source : AFP, 17 mars 2008

PARIS (AFP) — Un décret devrait autoriser prochainement l’utilisation du pistolet à impulsion électrique (PIE) de type Taser par les polices municipales, a indiqué mercredi Alain Bauer, criminologue et président de l’Observatoire de la délinquance (OND), lors d’un colloque au Sénat.

Selon M. Bauer, qui présidait un colloque du Haut comité français pour la défense civile (HCFDC) sur l’armement non létal, un décret va ouvrir prochainement aux polices municipales le droit à l’utilisation de PIE, "le processus" étant selon lui "très avancé et en voie de finalisation".

M. Bauer a toutefois indiqué que les policiers municipaux devraient avoir les mêmes obligations, en matière de formation notamment, que les policiers et les gendarmes qui utilisent déjà cette arme, réitérant à cette occasion son opposition à l’octroi d’armes à feu aux policiers municipaux.

Si les armes dites non létales se présentent sous diverses formes (gaz paralysant, flashball, ondes magnétiques ou autre faisceaux lasers), c’est l’arme électrique et le Taser en particulier qui a été au centre des discussions.

D’emblée Gérald Kierzek, de la fédération urgence anesthésie, réanimateur SMUR à l’Hôtel Dieu à Paris, a indiqué "qu’aucun trouble du rythme cardiaque n’a été démontré après utilisation du Taser" sur une personne.

Concernant la polémique sur des cas de décès aux Etats-Unis et au Canada, le médecin a rappelé que ces personnes n’étaient pas décédées sur le coup. Or, "si le Taser avait provoqué une fibrillation ventriculaire, le décès aurait été immédiat".

Pour lui, les complications viennent plutôt de l’endroit où les dards de l’arme ont été plantés, ainsi que des blessures occasionnées par leur retrait, de brûlures lorsque l’appareil est employé en contact direct avec la peau, ou de chutes.

Un avis que ne partageait pas Geneviève Sevrin, ancienne présidente d’Amnesty international France, craignant "une disproportion en France de son utilisation pour des neutralisations systématiques" de personnes. Elle a souhaité "un moratoire sur les utilisations (du Taser) tant qu’une enquête approfondie et impartiale ne sera pas menée".

Antoine Di Zazzo, directeur général de Taser France, a balayé les arguments d’Amnesty sur des décès aux Etats-Unis qui ne portent pas sur le même type de produit, selon lui, que celui utilisé en France. Le Taser X-26 "n’a jamais tué qui que ce soit et ne le peut pas", a-t-il affirmé, en rappelant qu’il n’est pas fait "pour remplacer les armes à feu".

Alain Bauer a appelé a éviter la banalisation "des armes non létales" qui sont, selon lui, "l’avant-dernier recours", souhaitant que comme dans la police nationale le système Taser soit couplé à un dispositif vidéo.

Il a enfin réclamé l’interdiction de vente absolue de certains dispositifs actuellement en vente libre délivrant des décharges électriques beaucoup plus importantes et pouvant être mortelles.

Le Taser X-26 envoie jusqu’à 10 mètres deux dards sur la personne visée, lui administrant une décharge de 50.000 volts avec une intensité de 2 milliampères agissant sur son système nerveux et le tétanisant quelques secondes, le temps de le maîtriser.