RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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Lettre à l’attention de votre maire pour interdire le Taser en France

A ce jour, les pistolets à impulsion électrique de type Taser X26, du nom de leur fabricant, sont classés parmi les armes de 4ème catégorie. Ils équipent déjà 3600 policiers nationaux et gendarmes et il est prévu qu’il puisse équiper les policiers municipaux en vertu d’un décret dont la parution est imminente.

Pourtant, l’utilisation de cette arme présente plus de risque que son fabricant veut bien le laisser croire. En adressant un très fort choc électrique, cette arme est un potentiel instrument de torture et son utilisation revient toujours à infliger un traitement humiliant et dégradant à la victime.

Il est particulièrement inquiétant que les policiers municipaux avec qui la population est en contact constant disposent d’une telle arme.

Demandez que votre ville soit officiellement déclarée "Zone sans Taser" en adressant la lettre suivante, en la modifiant au besoin et en l’adaptant à son destinataire (en gras).

Merci de nous adresser par courrier à l’adresse suivante une copie de toute réponse que vous recevrez : RAIDH, 119, rue du Temple 75003 Paris. Cette démarche est indispensable pour assurer un suivi des résultats de la campagne.

Lettre type à envoyer à votre maire :

Madame/Monsieur le Maire,

L’association RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme (www.raidh.org) - m’a informé que la Ministre de l’Intérieur, Mme Michèle Alliot-Marie est sur le point d’autoriser les policiers municipaux à être dotés de pistolets électriques paralysants. En tant qu’habitant(e) de notre commune, je m’inquiète de cette décision.

Ces pistolets sont classés en 4ème catégorie à l’instar du fusil à pompe ce qui laisse penser qu’ils présentent un réel danger pour la santé des personnes. Ils risquent aussi à mon sens de peser sur la relation entre policiers et citoyens.

Cette arme envoie, en effet, une décharge électrique de 50 000 volts qui paralyse tout le système nerveux de la personne visée pendant plusieurs secondes. Je suis préoccupé(e) par le fait que cette arme considérée comme non-létale et commercialisée comme telle, soit utilisée de manière abusive par les forces de l’ordre. Plusieurs cas de personnes électrocutées alors qu’elles ne présentaient pas un danger imminent, ont été portés à ma connaissance. Ainsi, en 2006, sur les 105 usages du Taser X26 par les gendarmes nationaux, 83 % sont survenus en dehors du cadre d’usage prioritairement envisagé, à savoir en état de légitime défense et en état de nécessité, ainsi que l’a récemment reconnu la France dans son rapport au Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe qui s’inquiète de la généralisation de cette arme auprès de nos forces de maintien de l’ordre.

De plus, loin d’apaiser une situation de tension, adresser une décharge électrique me semble plus contribuer à l’escalade de la violence qu’à pacifier les relations entre citoyens et officiers de maintien de l’ordre.

Comme vous, je ne souhaite pas que ma commune voit les rapports entre citoyens et forces de l’ordre se dégrader du fait de l’introduction d’une nouvelle arme pour le moins agressive.

Madame/Monsieur le Maire, je vous prie donc de refuser que la police et la gendarmerie sous votre compétence soient dotées de pistolets électriques paralysant et de déclarer notre commune « zone sans Taser ». Je compte sur vous pour solliciter Madame la Ministre de l’Intérieur et lui demander de ne pas inscrire le Taser X26 au décret 2000-276 du 24 mars 2000 listant les armes dont les policiers municipaux ont le droit d’être équipés.

Je compte sincèrement sur vous pour assurer la défense des droits de l’Homme dans notre commune et je vous prie de bien vouloir agréer, Madame/Monsieur le maire, l’expression de mes sincères salutations.