RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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Prison et sida

En 1995, le taux de prévalence du HIV dans les prisons françaises
était sept fois plus élevé que dans la population générale (chiffres
publiés par le Service de statistiques, des études et des systèmes
d’information des ministères de la Santé et des Affaires sociales).

Au niveau international, une étude présentée en 2006 au congrès sur
le SIDA de Toronto, révèle que le taux d’infection par le HIV, va de
16 % à 91,5 % dans sept prisons ukrainiennes. Les prisons deviennent
de véritables incubateurs pour le HIV, à cause des rapports
homosexuels non-protégés, des tatouages faits dans des conditions
hygiéniques douteuses et de l’utilisation de seringues usagées.

Dans une circulaire de 1996[1], il est écrit que des préservatifs,
ainsi que du gel lubrifiant, doivent être mis à disposition des
détenus, dans les infirmeries

[1] Circulaire DGS/DH/DAP n°739 du 5 décembre 1996, article R.711-14
du Code de la santé publique.

« En réalité, c’est un dossier très délicat, reconnaît l’ex-
conseiller d’Elisabeth Guigou. Les surveillants disent craindre que
la prison ne se transforme en bordel. Mais la peur fondamentale,
c’est la récation au syndrome de la prison quatre étoiles. Dans les
faits, la question du sexe en prison reste encore largement taboue.
Il a fallu l’épidémie du sida pour que les pouvoirs publics acceptent
d’ouvrir les yeux sur cette réalité. Prise de court, l’administration
pénitentiaire s’est longtemps contentée de distribuer des "kits"
d’eau de javel et de mettre des préservatifs à la disposition des
détenus. Sans grand succès. "personne n’ose en prendre, constate un
ancien prisonnier. Reconnaître qu’on a des relations sexuelles en
prison, c’est avouer qu’on est homo. La honte." », Elisabeth Fleury,
Le Parisien, Paris, 9 mai 2003.

Selon l’enquête "Un jour donné" sur les personnes détenues atteintes
par le VIH et le VHC en milieu pénitentiaire réalisée en juin 2003
(1), 1,04 % de la population carcérale était atteinte du sida (512
personnes sur 49 150, 139 prisons ayant répondu sur 188). Cette
proportion est en diminution régulière depuis 1991 (5,8 % en 1990 ;
2,8 % en 1994, 2,3 % en 1995 ; 1,9 % en 1996 ; 1,6 % en 1997 et
1998 ; 1,3 % en 1999 et 1,2 % en 2000). "Toutefois, précise l’étude,
la baisse du pourcentage de personnes détenues séropositives n’est
que de 0,16 % entre 2000 et 2003".

Voir source

Par comparaison on évalue à 0,3% de séropositifs en France, soit 3,46
fois plus en prison (source INVS)

En savoir plus sur le site de Ban public