RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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1.0 QU’EST-CE QUE LE TASER ?

« La porte s’est brusquement ouverte, on m’a tiré dessus.
L’impact m’a mise par terre, comme une décharge électrique
dans tout le corps. J’ai eu très mal, une accélération cardiaque, j’étais paralysée, j’ai cru mourir. »

Témoignage de Mme R., détenue à la prison des Baumettes, électrocutée par Taser, alors qu’elle ne présentait aucune menace selon la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité(1).

1.1 Une technologie au service de la douleur

Le Taser est une arme incapacitante dite « à transfert d’énergie ». Elle se présente sous la forme d’un pistolet en plastique jaune et noir. Assistée d’une visée laser, cette arme « de défense paralysante » propulse grâce à une cartouche d’air comprimé deux électrodes (prolongées par deux aiguilles de 5 cm de long qui transpercent les vêtements et s’accrochent à la peau, à la manière d’un hameçon).

Reliées à un fil très fin, les électrodes transmettent une décharge électrique de 50 000 volts allant de 3 ampères à 2,1 milliampères en moyenne au contact de la cible. Le rayon laser et le filin permettent de viser et tirer jusqu’à 7 mètres de distance. Le Taser peut également être utilisé comme une arme de poing adressant des décharges électriques par contact direct sur la peau (sans usage du filin donc).

Le faisceau rouge du laser et le bruit de son arc électrique sont particulièrement effrayants.

Cette décharge va immédiatement « couper la liaison » entre le cerveau et les muscles créant une rupture électro-musculaire.

Le Taser permet d’effectuer des tirs consécutifs. RAIDH a notamment recensé le cas d’un jeune américain de 21 ans, mort après avoir reçu 17 décharges élec triques en trois minutes(2).

Le Taser X 26, dernier né d’une série d’armes de poing incapacitantes à déchar ges électriques de l’entreprise américaine Taser, pèse 175 grammes et sa batterie permet d’effectuer 300 tirs.

Les Taser de la police française seraient équipés d’un système enregistrant la date, l’heure et la durée de chaque décharge. Ces informations ne font pas état des circonstances préalables à l’utilisation de cette arme et n’attesteront jamais de son usage proportionné. Ce système est pourtant présenté par le Ministère de l’Intérieur comme la garantie anti-bavure du Taser.

1.2 Les effets sur la « cible » : de la simple décharge au
choc mortel

Le corps de la victime atteint par les électrodes est parcouru pendant au moins cinq secondes par près de 80 ondes électriques paralysant les centres nerveux. Les informations transmises entre le cerveau et les membres sont instantanément bloquées. Les muscles se contractent alors violemment, provoquant une vive douleur musculaire, et des cris de souffrance... Des traces de brûlure témoignent souvent de la violence du choc électrique.

M. Antoine di Zazzo, directeur général de Taser France, témoigne avoir servi de cobaye. Il reconnaît lui-même que le Taser provoque « une douleur musculaire qui fait vraiment mal »...

La personne touchée perd le contrôle de son corps, s’écroule, tombe, parfois en se blessant. Elle reste immobilisée à terre le temps, en théorie, que l’agent de police lui passe les menottes.

1.3 Prix de l’équipement : un joujou de luxe pour la
République

Le prix public d’un Taser X26 est annoncé à mille euros(3) l’unité, la batterie électrique supplémentaire à quarante euro, le lot de 2 cartouches à soixante euro (filin à usage unique).

En partant de l’hypothèse que chaque Taser acheté disposera d’une batterie supplémentaire et de 50 cartouches, équiper 3000 policiers, comme l’envisage le Ministère de l’Intérieur, reviendrait donc à une dépense de 7,62 millions d’euros (4). A terme, chaque véhicule d’intervention devrait être équipé d’un Taser ce qui porte à 14 millions d’euro(5) la dépense envisagée pour équiper la police de Taser.

2.0 LES DANGERS DU TASER

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