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RAIDH dans la Provence : Un CRS tire au Taser sur un adolescent de 15 ans à Marseille

Un CRS tire au Taser sur un adolescent de 15 ans à Marseille

Publié le jeudi 23 octobre 2008 à 07H49

Pour la première fois en France, le pistolet électrique a été utilisé sur un mineur

C’est avec ce type d’arme électrique envoyant une décharge de 50 000 volts qu’un CRS a neutralisé un mineur.

Le Taser a-t-il sauvé une vie mardi, à Marseille, en venant se substituer à une arme de service ? C’est ce que soutiennent d’une même voix les syndicats policiers Alliance (plutôt de droite) et Unsa (plutôt de gauche), pour commenter l’usage d’un pistolet à impulsion électrique sur un adolescent de 15 ans. C’est la première fois que cette arme, jusque là réservée aux services d’intervention d’élite (GIGN, GIPN, Raid), était utilisée par des fonctionnaires de maintien de l’ordre, en l’occurrence les CRS. "La première fois aussi en France que le Taser, qui envoie une décharge de 50000 volts dans l’organisme, est employé à l’encontre d’un mineur", souligne Arnaud Gaillard, responsable du Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme (Raidh), qui dénonce "une dérive inacceptable".

Voici les faits, tels que rapportés dans la version officielle : lundi soir, un équipage de CRS aperçoit un groupe de jeunes qui déambulent autour d’un chantier. Les fonctionnaires veulent procéder à un contrôle d’identité, mais les jeunes partent en courant dans le périmètre du chantier, aussitôt coursés par les CRS et deux vigiles. La bande se cache dans un local désaffecté et jette des projectiles aux policiers. L’un des jeunes, âgé de 16ans, est finalement appréhendé. Ses compagnons grimpent alors sur le toit du local, suivis par l’un des CRS. C’est là, "face à 4 individus manifestant des signes d’hostilité", que le fonctionnaire dégaine son Taser et tire.

Un des jeunes tombe à terre, paralysé. Comme le prévoit la procédure, il est transporté à l’hôpital, où le médecin légiste ne constatera "aucune lésion liée au Taser". Les deux interpellés, des jeunes Marocains en situation irrégulière, ont été remis à la police aux frontières. Pour Joël Fiorani, de l’Unsa CRS, cela ne fait aucun doute, "la légitime défense autorisait l’usage de cette arme". Le Taser aurait même peut-être sauvé une vie, ou du moins évité des blessures : "La légitime défense autorise un fonctionnaire à faire usage de son arme de service", souligne Alain-Olivier Reverdy, du syndicat Alliance.

En plein procès Besancenot contre Taser-France, cette affaire est, pour le Raidh, "l’illustration "des dérives qu’entraîne la généralisation de l’arme électrique. La porte ouverte à tous les abus, comme aux États-Unis, où des conducteurs sont "tasés" parce qu’ils ne portent pas leur ceinture".

Par Sophie Manelli