RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
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RAIDH dans le JDD : Climat électrique autour du Taser

Par Flore GALAUD

leJDD.fr

L’importateur français du pistolet à impulsions électriques Taser a été débouté lundi de sa plainte pour "dénigrement" à l’encontre de l’association Raid-H. Un premier revers pour la société Taser, qui multiplie depuis des mois les procédures à l’encontre de ses détracteurs et qui intervient alors que l’utilisation de cette arme par la police fait toujours débat.

La société SMP Technologies, qui depuis quelques mois multiplie les procédures à l’encontre des fervents opposants du Taser, a subi lundi son premier revers en justice face au Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’homme (Raid-H). Le distributeur en France du fameux pistolet électrique reprochait à l’association d’avoir en avril 2007 "dénigré" la marque et le nom commercial Taser sur son site Internet. L’association y qualifiait notamment le Taser de "dernière gégène au pays des droits de l’Homme" et y diffusait un flyer intitulé "Electrochoc", appelant à une soirée anti-Taser. On pouvait y distinguer un robot brandissant un pistolet Taser et arborant sur son torse une cible, avec au centre le dessin d’un homme mort. Jugée "irrecevable à agir en dénigrement de marque", puisqu’elle ne détient "aucun droit sur la marque Taser", déposée aux Etats-Unis en 2003, SMP Technologies a en outre été déboutée de son action en "dénigrement de produit". Un verdict qui ravit l’association Raid-H.

"Le taser est potentiellement une arme de torture"

"Cette attaque, c’était un peu le pot de fer contre le pot de terre. SMP Technologies, à savoir une entreprise de taille, qui réclame 61 000 euros à une petite association comme la nôtre dans l’espoir de la faire taire...et bien, c’est raté !", se réjouit le secrétaire général de l’association Arnaud Gaillard, joint par le JDD.fr. "Ce jugement prouve que la liberté d’expression est encore saine et sauve dans ce pays, que l’on peut encore exprimer son point de vue sur des sujets sensibles". Utilisé depuis 2004 par l’armée, la police nationale et la gendarmerie françaises, le Taser X-26, qui équipe aussi depuis peu certaines polices municipales, ne cesse de faire débat. Présenté comme une arme "anti-bavure" et "non-létale" par ceux qui le commercialisent, le Taser X-26 projette sur sa cible deux dards délivrant une décharge de 50 000 volts, qui paralyse la cible durant quelques secondes. "Nous, ce que nous avons voulu expliquer à travers notre campagne, c’est que le Taser est potentiellement une arme de torture. C’est pour cette raison que nous souhaitons qu’il ne soit utilisé que par les unités d’élite", explique Arnaud Gaillard.

Taser France poursuit ses attaques

Cette décision est la première rendue par la justice suite aux plaintes de SMP Technologies. Deux autres verdicts sont attendus d’ici quelques semaines, la très procédurière société ayant également assigné en diffamation Olivier Besancenot et l’hebdomadaire L’Express. Taser France reproche en effet au porte-parole de la LCR d’avoir déclaré sur son blog en 2007 que le Taser "aurait probablement déjà fait taire plus de 150 personnes aux Etats-Unis". Elle accuse par ailleurs L’Express de l’avoir diffamé en écrivant que SMP Technologies était "liée" à l’affaire d’espionnage d’Olivier Besancenot. Dans le cadre de cette même affaire, la justice a mis en examen il y a quinze jours le directeur de Taser France Antoine Di Zazzo, pour avoir commandité l’espionnage d’Olivier Besancenot.