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Trois policiers jugés pour des violences commises à Saint-Denis en 2001

Selon une dépêche de AFP du 27 juin 2006, trois jeunes policiers, soupçonnés de violences sur des habitants de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en 2001, comparaitront mercredi 28 juin devant le tribunal correctionnel de Bobigny où ils encoureront jusqu’à trois ans de prison.

Ces trois agents, âgés de 20 à 30 ans, en poste à Saint-Denis en 2001, ont été mis en examen en avril 2003 pour "violences par personne dépositaire de l’autorité publique" et laissés libres.

Selon l’AFP, "ils sont soupçonnés d’avoir frappé des résidants à Saint-Denis, le 17 octobre 2001, après un banal contrôle. Cette histoire, ajoutée à d’autres, nourrit depuis plusieurs années un climat de défiance à Saint-Denis, entre une partie des habitants et les policiers locaux, dont les syndicats de police et la ville soulignent la jeunesse et le manque d’encadrement."

La dépêche indique également que "ce jour d’octobre 2001, sur la dalle de la place du Caquet, des îlotiers contrôlent devant chez lui un jeune soupçonné d’un vol de portable. Le ton monte, une dizaine d’habitants, dont plusieurs mères de familles, s’attroupent devant l’immeuble".

Et de poursuivre : "Des patrouilles arrivent en renfort. Une trentaine de policiers se trouvent alors sur place, frappent, bousculent et mettent à terre plusieurs personnes, selon les plaignants, évoquant l’usage de gaz lacrymogènes. »Ils nous ont gazés et chargés comme des mules », affirme un témoin."

"Sept personnes -cinq femmes dont une enceinte et deux mineurs- portent plainte pour »coups et blessures ». Seules les plaintes de quatre victimes, déposées avec constitution de partie civile, ont été retenues, dont celles des mineurs".

Juliette, éducatrice de métier, est l’une de ces quatre victimes. »Je n’ai pas compris ce qui se passait. Un policier m’a fait tomber, m’a menottée. Il était à cheval sur moi. Plus je criais, plus je me faisais frapper. Il cognait ma tête sur le sol », a-t-elle expliqué à l’AFP.

"Le médecin qui l’examine ensuite constate qu’elle souffre d’un traumatisme crânien, sans perte de connaissance, et de nombreuses ecchymoses à la cuisse.

La jeune femme attend du procès d’être »enfin reconnue comme victime », après, dit-elle, de nombreuses pressions pour retirer sa plainte".

"Après cette histoire, dont elle a été elle-même témoin, la cinéaste Françoise Davisse a réalisé un documentaire télévisé et a créé une association traquant les »dérives policières », dans le but d’améliorer les rapports, souvent délicats, entre policiers et habitants à Saint-Denis.

Depuis 2001, plusieurs affaires (abus sexuels de prostituées, tirs contre un camp de roumains après un pot arrosé...) ont entaché la réputation du commissariat. Le commissaire a été suspendu à la fin de l’été 2005.

Selon un audit de l’Inspection générale des services (IGS), 24 policiers de Saint-Denis ont été mis en examen entre 2000 et 2005 dans diverses affaires.

Durant ces années, la municipalité communiste de Saint-Denis a dénoncé le »manque criant d’encadrement » à l’origine, selon elle, de »manquements inadmissibles à la déontologie de la police nationale au sein du commissariat de Saint-Denis ». Elle réclame des moyens supplémentaires.

 »Nous n’arrivons pas à avoir de chiffres précis sur les effectifs, le préfet nous a juste indiqué récemment que l’on avait retrouvé les effectifs de 1992 ! », s’insurge un élu qui dit observer depuis quelques mois une »petite reprise en main » du commissariat par la nouvelle commissaire.

Le procès se déroulera à la 11e chambre du tribunal correctionnel à partir de 9H00".

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