RAIDH - Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme
Bouton menu

Unités de visite familiale : « un antidote a la sensation de l’enfermement infini »

Les UEVF sont destinées à permettre aux détenus de recevoir leur famille dans des conditions de confort, de durée et d’intimité satisfaisantes. Depuis 2003 l’administration pénitentiaire française a ouvert des unités expérimentales de visite familiale (UEVF) dans trois établissements pilotes, le centre pénitentiaire de Rennes, ainsi que les maisons centrales de Poissy et de Saint-Martin-de-Ré. Sur les 190 établissements pénitentiaires, au 1er juillet 2007, 7 établissements sont munis d’UVF. Et parmi les 19 nouvelles prisons attendues en 2012, seules 17 seront équipées .

L’accès aux UVF est réservé aux détenus définitivement condamnés (ce qui exclut la population détenue en maison d’arrêt et les prévenus) et qui ne peuvent pas bénéficier d’un aménagement de peine garantissant le maintien des liens familiaux. Les visiteurs peuvent être soit des membres de la famille justifiant de leur lien de parenté, soit des personnes avec lesquelles le détenu a un lien affectif durable, la réalité de ce lien faisant l’objet d’une enquête. Les visites en UVF sont autorisées par le responsable de l’établissement pénitentiaire après consultation du personnel, ainsi qu’à la suite d’entretiens avec les futurs visiteurs et avec le détenu. Les décisions de refus ne peuvent être justifiées que par des motifs tenant à la sécurité. La durée de la visite - entre 6 et 48 heures - est déterminée par le chef de l’établissement en fonction du dossier et de la demande de l’intéressé, ainsi que des possibilités d’accueil. Une fois par an, une visite de 72 heures peut être accordée. Les visites en UVF sont limitées à une par trimestre. Pendant la visite, les personnels pénitentiaires ont la possibilité de pénétrer dans les UVF.

La première nouveauté des UVF consiste dans la reconnaissance implicite mais néanmoins officielle des effets pathogènes de l’enfermement. La seconde nouveauté, c’est la mise en exergue d’un intérêt commun de l’administration pénitentiaire avec la population détenue, dans une vision perspective (…). Les UVF transforment le rôle des surveillants, et par conséquent le regard que les détenus portent sur ces individus dont la fonction ne se limite plus au gardiennage. (…) La reconnaissance de la nécessité des retrouvailles, et la mise en scène des rencontres, ont un effet pacificateur notoire au sein de la détention. C’est enfin un remède à la violence quotidienne exacerbée par le confinement monosexué et la privation de l’altérité.

Au Canada, les textes de loi qui insistent sur l’importance du maintien des relations familiales dans la réinsertion sociale des détenus, donnent aux personnes condamnées à une peine privative de liberté d’au moins deux ans la possibilité de bénéficier de visites familiales prolongées. Tous les deux mois, les détenus peuvent, dans le cadre de visites familiales privées, recevoir leurs proches dans des appartements meublés situés à l’extérieur de l’aire de détention de l’établissement. Les visites familiales privées ont une durée maximale de 72 heures.